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Le diagnostic de performance énergétique (DPE) monopolise une fois de plus les actualités du secteur immobilier en ce mois de juillet 2025. D’une part, il continue de se perfectionner à travers l’entrée en vigueur depuis le 1er juillet 2025 de deux arrêtés datés du 16 juin 2025. De l’autre, c’est son calcul au sein des logements chauffés à l’électricité qui ne donnera plus le même résultat à compter du 1er janvier 2026, grâce à une modification du coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité.
Le QR code qui devait permettre aux clients de vérifier la détention et la validité du certificat DPE des opérateurs n’a pu entrer en vigueur ce mois-ci et ne sera effectif que cet automne. Toutefois, de nombreuses mesures du plan d’action de fiabilisation du DPE sont déjà entrées en vigueur. Les clients ne peuvent les percevoir directement, puisqu’elles concernent surtout la formation initiale et continue, la certification ainsi que la surveillance des diagnostiqueurs, notamment au travers d’une analyse statistique de leur activité. Ces nouvelles dispositions imposent aussi de nouvelles obligations pour les organismes certificateurs et les organismes de formation. En revanche, dès le 1er septembre 2025, les changements seront visibles. Afin de lutter contre la fraude, le rapport de DPE fera apparaître un QR code qui permettra de vérifier la réalité de ses données. Puis, dès le 1er octobre 2025, les clients ne pourront pas connaitre de suite, à l’issue du diagnostic, les classes énergétique et climatique de leur bien, ni les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre correspondantes. En effet, ils devront attendre que le DPE soit transmis à l’ADEME pour accéder à ces données clés du rapport.
L’autre changement important concernant le DPE concerne la diminution de la valeur du CEP (coefficient d’énergie primaire) relatif à l’électricité à l’horizon 2026. Ce paramètre important qui intervient dans le calcul du DPE passera de 2,3 à 1,9. Cette modification risque de changer l’étiquette DPE de nombreux logements chauffés à l’électricité. Elle permettra notamment de faire sortir certaines passoires énergétiques de leur statut désavantageux (850 000 logements selon les pouvoirs publics) et autorisera leur location. La décision d’un tel changement s’explique par l’inadéquation entre la valeur du CEP de l’électricité et celle des CEP relatifs aux autres énergies, comme le gaz ou le fioul, sans impact sur l’étiquette du DPE. Cette discordance pénalise fortement l’énergie électrique. Or, peut-on comparer cette énergie décarbonée à 92 % aux énergies fossiles, dont l’empreinte carbone est indéniable ?
L’heure est donc à la valorisation de l’électricité. Cette démarche aura un impact certain non seulement sur les résultats de certains DPE, mais aussi plus globalement sur l’électrification des logements et sur les aides à la rénovation énergétique. Ces dernières devront s’adapter à une vision plus écologique de l’énergie électrique.
Un projet d’arrêté relatif à la baisse du CEP électrique est en passe d’être publié à des fins de consultation publique et la signature de la version définitive de cet arrêté est prévue pour le mois de septembre 2025. Comme cela s’était déjà produit pour les petites surfaces, la mise en œuvre de cette disposition passera par une mise à jour des étiquettes des DPE et des audits existants. Celle-ci sera possible au travers d’une attestation téléchargeable sur le site de l’Observatoire DPE/audit de l’ADEME.